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J’avais 24 ans lorsque j’ai reçu pour la première fois mon diagnostic d’arthrite psoriasique. Bien que je vivais alors déjà avec un diagnostic de psoriasis depuis l’école secondaire, je n’avais aucune idée que celui-ci pouvait être associé à une forme particulière d’arthrite.

Mes symptômes d’arthrite psoriasique ont commencé à se manifester environ un an avant que je ne reçoive mon diagnostic officiel, et se sont présentés sous forme de douleurs musculaires continuelles et d’une importante fatigue générale. J’ai commencé à ressentir une faiblesse dans le côté gauche de mon corps ainsi que de sévères courbatures dans mon épaule gauche ainsi que dans la région du bassin et de mes muscles fessiers du côté gauche toujours.

Quelques mois plus tard, je commençais tout juste mon programme de maîtrise universitaire au Collège Algonquin lorsque l’un de mes orteils s’est mis à enfler… et à enfler davantage et encore davantage. J’étais même en fait persuadée que je me l’étais sans doute cassé. À cette époque, je vivais au cinquième étage d’un immeuble résidentiel et l’ascenseur était constamment hors d’usage, ce qui me forçait à prendre les escaliers. Au cours des quelques mois qui suivirent, la douleur et l’enflure dans mon orteil se sont déplacées vers le dessous de mon pied et il devint alors très difficile de marcher et encore plus difficile de prendre les escaliers. Ce fut finalement pour mon orteil que je décidai d’aller rencontrer mon médecin pour la première fois. Cette première visite ne permit d’obtenir aucune conclusion substantielle, malheureusement. J’ai d’abord passé des tests de dépistage pour la goutte, mais les résultats obtenus après plusieurs mois d’attente se sont avérés négatifs. Rien d’autre n’a vraiment été fait à ce moment. Depuis, j’ai découvert que la dactylite (affection qui entraîne le gonflement des doigts ou des orteils en forme de « saucisse ») pouvait être un indicateur de l’arthrite psoriasique.

À ce moment, la douleur musculaire que je ressentais dans ma jambe empirait également et je pouvais à peine compléter la marche de 8 minutes pour me rendre de mon appartement au campus. Lorsque finalement j’arrivais à destination, je ressentais une fatigue intense et véritablement disproportionnée.

J’étais donc une jeune femme de 24 ans, fraîchement emménagée à Ottawa afin d’entamer un exaltant nouveau chapitre de ma vie, et j’étais maintenant incapable de monter les escaliers pour me rendre à mon propre appartement. Après quelque temps, j’ai finalement pris la décision de retourner habiter avec mes parents afin de bénéficier de leur aide et de leur soutien. Je suis donc déménagée à nouveau, et je fus véritablement contente de l’avoir fait, car mes douleurs musculaires ont continué à empirer au point où éventuellement je ne pouvais plus monter dans mon lit par moi-même, m’habiller, ni même m’épiler les jambes ou me laver les cheveux.

À ce moment, je savais sans le moindre doute que quelque chose clochait gravement avec ma santé et j’ai dû faire preuve d’une grande détermination pour convaincre mon médecin qu’il fallait absolument chercher plus loin. Ce ne fut qu’après plusieurs mois et de nombreuses visites à l’urgence pour mes douleurs musculaires que j’ai finalement été référée à un rhumatologue et que j’ai ainsi pu obtenir un diagnostic d’arthrite psoriasique.

Bien que j’aie dû me battre afin d’obtenir ce diagnostic, lorsque je suis finalement arrivée à l’obtenir, j’ai eu énormément de difficulté à l’accepter.

J’étais persuadée que l’arthrite était une maladie qui survenait uniquement des suites du vieillissement chez les gens plus âgés. Je ne savais pas du tout qu’elle pouvait toucher les gens dans la vingtaine ou même plus jeunes encore.

Il m’a donc fallu beaucoup de temps afin de réajuster ma façon de penser et de cesser de sentir que j’étais « brisée », pour plutôt accepter cette « nouvelle normalité » telle qu’elle était, et d’essayer d’en tirer le meilleur parti possible.

Une fois que j’ai eu atteint cette zone d’acceptation, j’ai décidé de m’impliquer de façon très active dans la quête de mon propre bien-être. Je prends actuellement un médicament afin de maîtriser l’inflammation dans mon corps, mais je n’aime pas me fier uniquement aux médicaments afin d’assurer le contrôle de mon état de santé. J’ai découvert que l’adoption d’une approche plutôt holistique face à mon bien-être me permettait de ressentir une différence incroyable quant à mes douleurs musculaires. Dans mon cas, les éléments qui composent cette approche incluent l’usage régulier de mon sauna infrarouge, une alimentation fortement basée sur des aliments d’origine végétale, ainsi que la pratique de yin yoga en plus de mes exercices de physiothérapie. Je suis également une grande adepte de méditation. Lorsque mes douleurs étaient très intenses, l’une des choses qui m’étaient les plus difficiles à faire était de dormir. La douleur pouvait être relativement tolérable pour la majorité de ma journée, mais dès la seconde où je me mettais au lit, j’avais l’impression que toute ma douleur réapparaissait multipliée par 10. C’est à ce moment que j’ai commencé la méditation afin d’aider à détacher mon esprit de la douleur et de pouvoir finalement tenter de me procurer du sommeil. Aujourd’hui, les nuits où la douleur me garde éveillée sont beaucoup plus rares, mais je continue à méditer régulièrement et à profiter des bienfaits que m’apporte cette pratique.

L’arthrite psoriasique a absolument changé ma vie. Mais j’ai choisi de me concentrer sur les changements positifs qui en sont découlés. Cela m’a permis d’apprendre à apprécier ma famille plus que jamais et de découvrir leur capacité à m’offrir un précieux système de soutien. Cela m’a forcée à adopter un style de vie plus sain, rempli de fruits et de légumes ainsi que de visites régulières au sauna infrarouge, et m’a permis de découvrir mon amour pour le yoga régénérateur. Tous ces éléments sont une très grande source de positif dans ma vie que je n’aurais peut-être pas découvert aussi rapidement sans avoir reçu mon diagnostic. Alors pour cette raison, je suis reconnaissante de l’avoir reçu.

Pour quiconque est atteint d’arthrite, que vous le sachiez déjà ou non, je souhaite vous dire que c’est correct et que cela arrive. Vous n’êtes pas brisés ou défectueux pour autant. Votre corps vous parle, et bien que vous n’aimiez peut-être pas le message qu’il vous envoie, car je sais que pour ma part c’était le cas, vous devez l’écouter. Reconnectez-vous à votre corps et commencez à faire des activités qui vous permettent de vous sentir mieux. Rappelez-vous que vous n’êtes jamais seul dans votre parcours, même si parfois vous ressentez l’inverse. Comme le disait Épictète, « Ce ne sont pas les évènements qui nous arrivent, mais bien notre manière de réagir qui compte vraiment. »

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